UNIC : Quel accès à l’université pour les personnes migrantes en Belgique ?
Retour sur le séminaire organisé par le CEDEM, Le Monde des Possibles et Interra
La Belgique a mis en place différentes possibilités d’études pour des individus aux horizons divers. Cependant, plusieurs obstacles peuvent entraver la poursuite ou le commencement d’études. Les personnes migrantes font face à des réalités qui mettent en lumière les zones d’ombre du système académique en matière d’accès à l’éducation.
Ces problématiques sont liées à des questions qui dépassent les murs des universités et résonnent avec le système institutionnel et juridique belge. À travers la collecte de témoignages et une table ronde réunissant des représentants des services universitaires, du monde associatif et de la ville, le séminaire UNIC organisé le 24 juin dernier proposait de mettre en lumière les difficultés d’accès à l’université pour les personnes en situation de migration et les solutions identifiées.
Poser le cadre : des constats mitigés
Si une offre en services d'accompagnement aux études assez riche existe, l’un des constats posés est que les personnes qui pourraient être visées par celle-ci ne savent pas toujours comment y accéder. Au niveau des freins rencontrés lors d’une procédure d’accès à l’université, le chercheur Simon Gielis a notamment listé : les équivalences de diplômes, avec la nécessité de pièces physiques ; le coût des traductions de documents ; la barrière linguistique ; l’exclusion sociale ; le problème de la transmission des informations, avec les aspects techniques entrés dans les usages de l’université (procédures en ligne, sans contact) ; mais aussi les complications liées à la reprise d’études en étant en charge d’une famille.
Des accompagnements existent, à l’Université de Liège, mais aussi en dehors. Au Mondes des possibles, la réalité de terrain est bien connue. Les besoins économiques entraînent souvent l’arrêt du parcours universitaire. Les défauts de titre de séjour mettent également en péril la poursuite des études ou, dans le cas des enfants de personnes sans papiers, parfois même leur commencement. Des solutions transitoires existent, depuis peu, en Belgique, avec des procédures qui permettent ensuite de valoriser les études réalisées sur notre territoire.
Ces bonnes pratiques qui donnent envie d’avancer
Du « buddy program » de l’ULiège au projet « Duo2Change » d’Interra, une seule volonté : rapprocher des personnes de cultures différentes avec un objectif de créer des liens. Mettre en relation une personne nouvellement arrivée en Belgique et une personne locale permet d’aborder la découverte d’un nouveau pays de manière plus informelle et personnalisée.
Interra et le Monde des Possibles ont pour habitude d’œuvrer à la valorisation des personnes migrantes, à travers leurs compétences diverses et variées. Ce tissu associatif actif est précieux pour un territoire comme Liège, où la Ville, elle aussi, se structure pour encadrer les jeunes et les nouveaux arrivants. Du côté de l’Université, au-delà des mécanismes habituels, les initiatives se multiplient pour sensibiliser les jeunes à l’international et l’interculturel : Festival des cultures, « internationalisation at home », cours donnés par des professeurs venus de l’étranger…
Des pistes pour le futur ?
Les alliances universitaires européennes pourront-elles aider à améliorer les situations locales ? En partageant les bonnes pratiques entre partenaires du réseau, les usages locaux pourront peut-être évoluer ! Côté liégeois, la réflexion par rapport au sentiment d’appartenance est menée et se poursuit, notamment via des initiatives comme la « carte ardente » du Plan de cohésion sociale de la Ville de Liège. La Ville de Liège l’assure, elle restera toujours accueillante : l’initiative « Ville hospitalière » traduit la volonté réelle du monde associatif local d’entretenir un tissu social inclusif. L’Université de Liège, elle aussi « hospitalière », encourage tous les publics à venir poser des questions. Comme les associations liégeoises, l’institution souhaite accueillir toute personne qui passe sa porte.
UNIC part donc à la rencontre du monde associatif local et de la population liégeoise. Organisé dans les bâtiments de l’association « Le monde des possibles », ce séminaire donnait la parole à une diversité de profils et d’organismes, qui ont mis en lumière les expériences d’individus se trouvant dans diverses situations de mobilité. Parmi les intervenant·es, on retrouvait : Pauline Antoine (Service des Relations internationales - mobilité, ULiège) ; Julie Clausse, (Directrice d'Interra, Liège) ; Sandrine Dachy (Service Inscriptions et Admissions, ULiège) ; le collaborateur de Julie Fernandez Fernandez (Echevine en charge des Solidarités, de la Cohésion sociale et des Droits des personnes, Ville de Liège) ; Simon Gielis (Chercheur CEDEM – UNIC) et Pauline Mallet (Juriste à Le monde des possibles, Liège). À la modération : Elsa Mescoli (Chargée de cours, FaSS – Uliège).
Université de Liège | Relations Internationales
Place du 20 Août, 7 (A1) – 4000 Liège – Belgique
