Comment transformer des campus hérités d’un passé industriel en espaces universitaires durables, inclusifs et pleinement intégrés à la ville ? C’est autour de cette question que l’Université de Liège a accueilli, du 19 au 21 mai 2026, une vingtaine de participants issus des universités partenaires de l’alliance européenne UNIC lors de la Staff Week intitulée “Redesigning the Campus in the City”.
Durant trois jours, directeurs des infrastructures, doyens, architectes, académiques et représentants des municipalités issus des universités et des villes partenaires de Zagreb, Rotterdam, Łódź, Oulu, Cork, Malmö et Bochum ont confronté leurs expériences autour d’un constat partagé : les universités de l’alliance font aujourd’hui face à des défis similaires de reconversion urbaine et environnementale. Entre réhabilitation de friches, adaptation des bâtiments aux nouveaux usages et intégration des enjeux climatiques et sociaux, les campus deviennent de véritables laboratoires de transformation des villes post-industrielles.
Une participation active des membres de l'alliance
À Liège, cet enjeu prend une résonance particulière. La première journée a ainsi mis en lumière le redéploiement de la Faculté d’Architecture et les transformations en cours sur les différents sites universitaires. Les partenaires UNIC ont également présenté les réalités propres à leurs campus, révélant des problématiques communes : mobilité, durabilité, accessibilité ou encore dialogue avec les parties prenantes.
Le deuxième jour a été consacré aux stratégies de transition durable. La stratégie institutionelle de planification et gestion des campus, présenté par le Vice-Recteur aux relations internationales, Pierre Duysinx, avec le soutien de l’ARI, du Green Office et de l'équipe Liège Durable, a nourri les échanges autour de la rénovation énergétique, de l’aménagement des espaces et de la place de l’université dans la transition écologique des territoires.
Un campus inclusif ça se construit
Mais au-delà des infrastructures, les discussions ont rappelé qu’un campus inclusif se construit aussi à travers des choix humains et politiques. La dernière matinée, centrée sur l’accessibilité, a marqué les participants par son approche concrète. Le professeur Loïc Sauvage a sensibilisé l’audience aux obstacles rencontrés par les personnes en situation de handicap et aux ajustements parfois minimes capables de transformer l’expérience des usagers. Les ateliers proposés par l’association Passe-Muraille, organisés dans les bâtiments du Val Benoît, ont permis aux participants de vivre eux-mêmes différentes situations de handicap dans cet espace tout neuf.
© Ahmet Ilber 1 & 3, Sven Simov 2
La plus-value des alliances européennes
Pour Pierre Hallot, doyen de la Faculté d’Architecture à l’ULiège, cette rencontre illustre pleinement la valeur ajoutée d’une alliance européenne comme UNIC : « Cette ouverture vers d’autres universités qui connaissent des contextes et contraintes extrêmement similaires de reconversion post-industrielle permet de nourrir la réflexion sur l’avenir de notre université. Cette activité donnait du concret et permettait surtout de créer du lien avec les collègues des autres institutions partenaires, elle offre une base concrète pour convaincre d’autres collègues de découvrir UNIC ».
Au fil des échanges, des visites et des moments informels, cette Staff Week a surtout confirmé une idée : les défis des campus de demain dépassent largement les frontières nationales. Et face aux transformations des villes européennes, la coopération entre universités apparaît plus que jamais comme un levier essentiel pour imaginer des espaces plus durables, accessibles et connectés à leur territoire.